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La dépêche – 15/09/2026

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Mardi 15 Septembre 2026 – Dépêche du Midi.

A 42 ans, elle est lauréate du concours "101 entrepreneures 2026"

Katia Strelkoff a tout changé il y a un an et demi pour s’installer à Foix et créer son entreprise, l’Atelier Bulle Bleue. Élue lauréate de l’Ariège du concours des 101 femmes entrepreneures, elle vient de participer à trois jours de rencontres à Paris.

Changer de vie pour créer une entreprise, puis se retrouver quelques mois plus tard à Paris parmi les 101 femmes entrepreneures distinguées dans toute la France. C’est le parcours qu’est en train de vivre Katia Strelkoff. À 42 ans, cette peintre fresquiste originaire de Limoux, dans l’Aude, a choisi de poser ses pinceaux à Foix, une ville et un département auxquels elle est particulièrement attachée.

Il y a un an et demi, elle décide de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. « Je me suis formée dans le trompe-l’œil, j’ai travaillé pour des événements et même des particuliers, j’ai été médiatrice en galerie d’art et, pendant 10 ans, j’ai donné des cours de peinture au Cultura de Toulouse », détaille-t-elle.

« Il n’y a pas assez d’art dans toutes les sphères de notre quotidien »

Mais après plusieurs années dans ces différents métiers, l’artiste ressent le besoin de changer de cap. « J’avais besoin de changer, de créer un travail qui me ressemble, avec du sur-mesure. » Elle se lance alors sans véritable mode d’emploi, avant de trouver un accompagnement auprès de BDE Sud-Ouest, une association dédiée aux entrepreneurs. De cette rencontre naît l’Atelier Bulle Bleue, son entreprise installée à Foix, où elle propose notamment des cours particuliers dans le domaine de l’art. « Il n’y a pas assez d’art dans toutes les sphères de notre quotidien, j’ai voulu en remettre », résume la cheffe d’entreprise.

Son accompagnement va également lui ouvrir une autre porte. « Ils m’ont parlé d’un concours, celui des 101 femmes entrepreneures », raconte-t-elle.

Créé en 2023 par Bpifrance et placé sous le haut patronage du Premier ministre, ce concours met chaque année à l’honneur une entrepreneure à la tête d’une jeune entreprise de moins de trois ans dans chacun des départements français, ainsi que dans les territoires ultramarins. Pour Katia Strelkoff, l’objectif du concours fait immédiatement écho à son propre parcours. « Mettre les femmes en lumière, leur donner un moyen de s’entraider m’a convaincue. Nous représentons 50 % de la population et c’est pourtant encore très compliqué pour nous », explique-t-elle.

« C’était un véritable honneur »

Alors elle tente sa chance. « Je me suis dit que j’aimerais être la représentante de l’Ariège et inspirer d’autres femmes, être un exemple pour qu’elles se lancent. » Elle constitue son dossier, y raconte son parcours, ses études, son histoire et les raisons de sa reconversion professionnelle. Sans vraiment croire à ses chances face aux quelque 1000 candidates engagées dans le concours. Puis, en mai dernier, la nouvelle tombe : Katia Strelkoff est désignée lauréate pour l’Ariège. « C’était un véritable honneur et j’étais très heureuse, car je suis profondément attachée à ce département », confie-t-elle. Les organisateurs ont notamment salué le fait que, malgré sa jeunesse, son entreprise soit déjà reconnue sur le territoire.

Avec ses billets de train en poche, la Fuxéenne prend alors la direction de Paris pour participer, les 7 et 8 septembre derniers, à la cérémonie réunissant les 101 lauréates.

Sur place, elle rencontre notamment Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. « Je n’ai pas eu le temps de vraiment lui parler, elle nous a dit qu’il y avait encore beaucoup de chemin à faire mais que nous devions prendre notre espace », raconte Katia Strelkoff. Un message qui résonne auprès de la jeune entrepreneure. « Quand on nous demande de citer une entrepreneuse, nous ne savons pas répondre, cela doit changer. Nous avons notre place, nous sommes puissantes. »

« Nous avions toutes le syndrome de l’imposteur »

Pendant trois jours, les lauréates, toutes reconnaissables à leur coq doré et leur écharpe tricolore, partagent bien plus qu’une cérémonie officielle. Hôtel, ateliers, échanges et discussions leur permettent de raconter leurs parcours et leurs difficultés. « Nous sommes arrivées sans trop savoir où nous mettre. Nous avions toutes le syndrome de l’imposteur, à se demander ce qu’on faisait là », se souvient-elle. Mais les liens se créent rapidement. « À force de passer du temps ensemble, nous nous sommes vraiment rapprochées, jusqu’à créer une communauté de femmes entrepreneures pour continuer à s’entraider. »

Pour Katia Strelkoff, l’aventure ne s’arrête donc pas à cette première reconnaissance. Le 13 octobre prochain, elle retrouvera les douze autres lauréates d’Occitanie devant leur jury. Elle découvrira alors les raisons précises qui ont conduit à son élection comme représentante de l’Ariège.

Légende de la photographie : Katia Strelkoff, depuis la terrasse de son local professionnel, arbore son enseigne de lauréate. / DDM – Cynthia BEAUCLAIR

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